|
Je vis sans diplôme et j'ai réussi ma vie : dans la pub, je gagne 3600 euros par mois Les élèves en terminale ont tous le mot à la bouche : « bac ». Arnaud a tenté
à deux reprises d’avoir ce diplôme. Sans succès. Peut-on réussir
professionnellement sans décrocher le fameux sésame ? Arnaud a fait le
choix de s’en passer. Aujourd’hui, il est publicitaire. Il n’a aucun regret : les
études, ce n’était pas son truc. Témoignage. La première fois que j’ai tenté d’avoir le bac, c’était en 1986. J’ai passé les épreuves sans
vraiment y croire. Il faut dire que j’ai toujours été un cancre à l’école : je préférais fumer des
pétards et sécher les cours plutôt qu’apprendre. Pourtant, le bac, à cette époque, c’était vraiment LE diplôme à avoir. Impossible de faire
des études supérieures et difficile de se lancer dans un métier sans ce petit bout de papier jugé
indispensable. Cette première tentative d’avoir le bac s’est soldée par un fiasco. Je ne me souviens plus
très bien, mais je crois avoir eu une moyenne générale de 6 ou 7 sur 20. Pas de rattrapage
possible. De toute façon, je n’y croyais pas vraiment et mes parents non plus. Je ne me suis
même pas déplacé pour aller voir les résultats. Déçu mais peu surpris, j’ai décidé de retenter ma chance l’année suivante en tant que
candidat libre. Je ne voulais en aucun cas revenir sur les bancs de l’école. Rien qu’à l’idée,
j’en avais la boule au ventre. Pendant un an, j’ai donc travaillé dans l’entreprise de mon père.
J’ai pu prendre mon indépendance et gagner mon premier salaire. Aux épreuves, j’ai obtenu quelques notes correctes comme 13 en anglais ou la moyenne
en philosophie, mais les mathématiques m’ont plombé : j’ai eu 2/20. Au final, j’ai tout de
même réussi à aller aux oraux, mais là encore, j’ai joué de malchance. Résultat : j’ai raté mon
bac à quelques centièmes près. J’étais dégoûté, mais il était hors de question de recommencer. Tant pis, j’allais faire
sans. Pour moi, le bac n’avait pas vraiment d’importance. Je ne voulais pas faire d’études
supérieures, mais rentrer dans la vie active au plus vite. Finalement, si j’ai retenté ma chance,
c’était surtout parce que j’avais peur du regard des autres. Sans bac, j’ai décidé de continuer à travailler chez mon père pendant trois ans. Le travail
me plaisait. Puis, grâce à une connaissance, j’ai pu intégrer une agence publicitaire. J’y suis
resté 10 ans et je continue de faire ce métier. Lors de mes deux premiers emplois, on ne m’a jamais parlé de mon bac. Quand j’ai eu la
trentaine, j’ai changé de travail. Sur mon CV, j’ai décidé de mentir et de préciser que j’étais
titulaire du baccalauréat. On ne m’a jamais ni posé de questions ni demandé de fournir une
photocopie du diplôme. Si on m’avait interrogé en entretien d’embauche, j’aurais menti sans
problème car j’estime que le bac ne veut rien dire. Quoi qu’il advienne, à mon âge, on ne me posera jamais de questions sur mon
baccalauréat. Un jour, j’ai dit à ma patronne que je ne l’avais pas. Elle a explosé de rire, mais
pour elle, ça n’avait aucune importance.
(www.leplus.nouvelobs.com) |